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Kikie CREVECOEUR

 


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CREVECOEUR CV

 

 

 


 





















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Kikie Crevecoeur

Née à Bruxelles en octobre 1960. Diplômée de l’Atelier de Gravure à l’Académie Royale des Beaux- Arts de Bruxelles. A effectué de nombreux stages et voyages d’études en Belgique et à l’étranger (France, Italie, Québec, Serbie, Chili, Suisse...)
Enseigne depuis 1988 la Gravure et la Lithographie à l’Académie des Beaux-Arts de Watermael-Boitsfort (Bruxelles) et depuis 1991 à l’AKDT (Académie Internationale d’Eté de Wallonie).
Membre active du collectif de graveurs « RAZKAS » (http://atelier.razkas.over-blog.com).

Nombreuses expositions personnelles (Salon d’Art à Bruxelles) et collectives depuis 1983 en Belgique et à l’étranger. En 2006, une exposition rétrospective lui est consacrée au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée (Bribes et échappée – L’œuvre gravé 1986-2006). Titulaire de nombreux prix dont la première édition du Prix de la Gravure et de l’Image imprimée de la Communauté française de Belgique en 1989, le Prix La Montagne à la 4ème Triennale d'Estampes de Chamalières en 1997 et Lauréate de la 7ème Biennale internationale de Gravure contemporaine de Liège en 2009.
 

Contact : kikie.crevecoeur@gmail com


« Ma gravure est faite de bribes d’impressions. Une forme de poésie contemplative. J’aime la gravure pour son côté incisif, volontaire, structurel, voire primitif. Couper-creuser. Des gestes qui nous rattachent à notre côté ancestral, presque animal. »     Kikie Crèvecoeur


Plus loin sur cette page :



" L e s   g r a v u r e s   s u r   g o m m e s "
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Cette artiste s'est d'abord fait connaître pour son travail de gravure sur gommes, technique originale mise au point dès 1986. Ses premières réalisations, très structurées, s’organisent suivant un quadrillage au sein duquel les gommes, légèrement superposées, sont imprimées une à une. Ses compositions sont toujours organisées depuis le centre de la planche : leur lecture, qui s’apparente à celle du zapping télévisé, peut ainsi se faire dans tous les sens. Bien que l’artiste les considère comme des multiples et en propose des tirages numérotés ne dépassant jamais les vingt exemplaires, chaque impression peut être vue comme un exemplaire unique. En effet, à partir d’un choix déterminé de matrices-gommes, l’artiste modifie leur assemblage pour chaque tirage. De même, le type d’encrage, tout comme les rehauts colorés, sont traités, à chaque fois, différemment. Cette démarche sérielle au sein d’un univers narratif va bientôt s’animer d’une structuration essentiellement rythmique, favorisée par les thèmes de prédilection de Kikie Crêvecœur : la boxe, la danse, la musique…
 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

A partir de 1989, les rehauts colorés disparaissent au profit d’aplats monochromes, entaillés de découpes créant le mouvement : ce dernier est lancé depuis les bords de chacune des gommes dans La blatte (1989) ; il devient vibratoire dans Les mains ou Les fougères (1990). Les gommes sont par ailleurs imprimées selon des orientations diverses, brisant la rectitude des registres, comme dans Pot au noir (1992). Les structures en damier se disloquent et prennent une liberté nouvelle au sein d’une technique qui, elle, reste identique.
 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Les gravures sur linoléum

Les années 95-97 voient apparaître la mise en place d’un nouvel univers en même temps que l’adoption d’une autre technique : la gravure sur lino, utilisée initialement en association avec des gommes. Si les premières linos gardent les traces des structures compartimentées propres aux compositions des gommes, très vite le tourbillonnement des traits, que l’on voit déjà surgir dans certaines pièces de la série (de 8 linogravures) La Mi Muse (1997), fait éclater le cadre et disparaître les marges. Le langage graphique utilisé, avec ses noirs intenses et chauds, oscille en permanence entre écriture et signe ; il semble vouloir capter les flux d’énergie qui font vibrer le monde."

Extrait de la présentation de l'exposition de Kikie CREVECOEUR par Catherine de Braekeleer au Centre de la Gravure de La Louvière en 2007.
Plus d'informations : www.centredelagravure.be


 

      

  

2 0   a n s    d e    C r ê v e c o e u r  :  u n  ! _______________________________________________

(Extraits de l'article de Roger Pierre Turine dans La Libre Belgique du 06/02/2007 à propos de son exposition au Centre de la Gravure de La Louvière.)

…/…. Dès le début de sa carrière, Kikie Crêvecoeur (Bruxelles, 1960) s'est installée dans l'infiniment petit à vocation toujours majuscule... Expliquons-nous. Souvenir d'enfance sans doute, cette graveuse dans l'âme s'est, dès le départ, forgé un matériau inédit tenant dans deux doigts d'une main, une gomme blanche comme en connaissent tous les écoliers. Et cette gomme, elle l'a entaillée, l'a dessinée et gravée d'incisions, de coups de scalpel qui ensuite, passés à l'encre, pouvaient être reportées sur un papier. …/… Au fil du temps, il faut aussi l'indiquer, l'artiste s'est insensiblement dégagée de la figuration de ses débuts. En épurant, elle a rejoint une certaine abstraction sans toutefois que rien, jamais, chez elle, ne soit tout à fait ceci ou tout à fait cela. Sa liberté d'écriture est telle qu'elle parvient à jongler avec les lignes et les signes, doublant la mise par ses rythmes, syncopés ou tendus, suivant les assemblages opérés entre les images, les figures. Nous avons affaire ici, pour cela, à une oeuvre infiniment musicale, jamais statique, corsée d'envolées, d'échappées…/…

L'article complet sur le site de La Libre : http://www.lalibre.be/article










M i c h e l   B a r z i n
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« … Dans ses travaux les plus récents, Kikie nous renvoie à nos cours de physique et au spectre solaire, à l’imprimerie en quadri et à ses trames, voire à notre épiderme, à notre sang, à nos cellules. Mais peut-être s’agit- il encore de ces multitudes de petits grains de sable, agrandis un milliard de fois, qui nous glissent entre les doigts dans un geste répétitif, inlassable, comme la marée ou les saisons. »













K i k i e  C r ê v e c œ u r  :  " S o r t i e s   d e   P r e s s e  "
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Roger Pierre Turine "La Libre" mis en ligne le 10/03/2010

Invitée par Pierre Alechinsky pour une démonstration de ses gravures à la gomme notamment…

Nous vous avons mis au parfum (voir "LLB" du 4 mars), cette double exposition Pierre Alechinsky et Kikie Crêvecoeur tient toutes ses promesses. Et si Alechinsky et ses estampes rayonnent dans le Museum, Kikie Crêvecoeur et ses gommes font la nique aux adeptes du tout à l’ordi dans une galerie du Bota qu’elle a reconvertie en salle aux mille petits bonheurs délicats, savoureux ou, plus simplement, emplis de ses fantaisies, de ses lignes et ses mots.
Il en aura fallu des heures de patience à Kikie pour arriver à bout de gommes récalcitrantes quant tout s’y opère dans l’infiniment petit, ciselé, minuscule. Et pourtant, comprenne qui voudra, avec ses bouts de choux de gravures, Crêvecoeur parvient à vous composer des fresques majuscules, sinon monumentales. Un régal pour l’œil, les sens, un plein sac de vibrations. Une main au cœur des images. Le labeur mené depuis plus de vingt ans par Kikie Crêvecoeur (Bruxelles, 1960) crée des miracles. Que l’humour y soit au diapason des humeurs, et voilà qui nous vaut un art éclaboussant de ses mystères la grisaille des jours.
La palette épousée par l’artiste est ample, son parcours en atteste. Aux petites histoires cinématographiques des débuts, aux galopantes séries "Public devant le film", "Thaï Boxing", "Où y’a d’l’amour, y a du plaisir", 1986, corsées de ribambelles d’images avec ou sans couleurs, ont succédé des planches aux dessins plus épurés, davantage en noir et blanc, style "Derviches tourneurs" ou "Transition", 1989, suivies par des ensembles de signes qui, en se croisant, se regroupant, tels "Les fougères" ou "Les mains", 1990, corsaient l’impact d’un surplus visuel palpitant.
Et, puis, sans rien abandonner de ses aventures fétiches à gommes que veux-tu, et ses "Conte(s) à rebours" ou l’épopée d’une petite gomme d’écolier par jour pendant un an, journal intime et foisonnement de secrets, en témoignent, Crêvecoeur s’est éclatée en grand, par assemblages, linos ou gommes qui, mis bout à bout, interchangeables, créent la monumentalité et ce sont : "Quelque part, perdu dans la forêt", 1991, ou "Bribes et échappées", 2006. Tout un travail de ramifications, de gommes et de gammes d’amour, de mémoire, de jeux de mots et de "folies". Comment ne pas aimer tout ça !
2010 est une année faste pour Kikie, saluée aussi au Cabinet des Estampes de Liège : l’exposition personnelle "Trans(e) mutations" s’y tiendra du 30 avril au 13 juin.
Le Botanique, Galerie, 236 rue Royale, Bruxelles. Jusqu’au 2 mai, du mercredi au dimanche de 12 h à 20 h. Infos : 02.218.37.32 et www.botanique.be




A l e c h i n s k y   p r é s e n t e   K i k i e
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Dominique LEGRAND, "Le Soir" du jeudi 4 mars 2010 (page 36)

Exposition « Sorties de presse » au Botanique

Des gommes et du papier. Un combat. Des séries en continuité d’images. Du format minimal au monumental. Au Botanique, l’exposition Sorties de presse réunit Pierre Alechinsky et Kikie Crêve-cœur, deux générations, deux tempéraments qui prônent l’économie de moyens comme secret d’artiste solitaire. Sous le commissariat de Catherine de Braekeleer, directrice du Centre de la Gravure de La Louvière, le premier occupe tout l’espace du Museum. L’invitée, – et c’est dommage –, est exposée à l’écart, comme si elle attendait dans l’antichambre ! Pourtant, ces deux-là en leur théâtre d’ombres et de traits sont faits pour s’entendre. Et ils le prouvent à travers une belle sélection d’estampes majeures pour Alechinsky et les gravures sur gomme tout en nuances et subtilités de Kikie Crêvecœur. Au prix d’un choix cornélien parmi des centaines d’épreuves, avec des pièces rarissimes, Pierre Alechinsky en la synthèse de son œuvre gravé exulte littéralement au Botanique. Des Morsures de 1962 et autres peintures-mots aux œuvres à deux pinceaux avec Karel Appel, de la planche Case par case (1980) ou l’intriguant À l’aveuglette (1974) réalisé à l’essence de lavande jusqu’aux séries récentes dévolues à la Grande Voirin, Alechinsky se reconnaît bien-là, à l’aune de son inventivité pure, ses jeux avec le hasard. L’ex-Cobra ne baisse pas la garde puisqu’il laisse filtrer quelques notes empreintes de pessimisme, des rappels à la vigilance, à l’appui de ce très bel accrochage. À 83 ans, regardant d’un œil acéré les grandes estampes sur papier de Chine « parce que le papier actuel est tellement gorgé d’eau qu’il est pourri d’avance », les eaux-fortes et les lithographies enchantées par de nombreux passages sous presse, l’artiste né belge à Bruxelles d’un père russe exilé et d’une mère flamando-franco-wallonne reste combatif comme un jeune coq, ne perdant jamais l’occasion de planter les banderilles de son ironique colère. Contre la technique numérique par exemple, une « vermine colorée » qui supplante le pouvoir de la main. « Deux anti-technologiques » À ses côtés, Kikie Crêvecœur défend sa technique d’une modernité étonnante, avec le même amour pour la gravure. Avec elle, la gomme à effacer devient l’acteur de l’impression. Si Alechinsky privilégie le support de l’acte notarié, des vieilles cartes ou des registres périmés, Kikie Crêve-cœur transporte avec elle son atelier : un cutter, une gomme d’écolier ! « C’est une des rares jeunes artistes qui emploie des moyens technologiques simples, ponctue Alechinsky. Nous sommes deux anti-technologiques. Quand plus rien ne fonctionnera, on pourra toujours travailler, moi sur une feuille et elle sur une gomme ! Les autres, ceux qui pianotent sur un clavier, sont la proie de la plus grande panne d’électricité du monde… » L’air, la vie, l’ironie circulent magnifiquement dans ce duo de poésie et d’expérimentation. Des pseudo-histoires se ramifient, souvent analogues à des écritures. Le voyage a lieu dans l’atelier. « J’ai réalisé mes premières gommes en 1985, raconte celle qui fut, en 1986, la première lauréate du Prix de la gravure. Mon ex-mari s’occupait de jeunes pour qui la boxe était un exutoire à la violence. Je faisais des cachets pour les matches. Pour moi, la gomme est devenue une solution pour pouvoir graver partout où j’étais. Il me fallait un cutter et une petite table. Mon atelier tenait dans une valise. » Les grandes séries de gravure sur linoléum ont depuis remplacé le geste minimal sur gomme tendre. Aux cimaises de la Galerie, le geste se délie, se libère dans les superbes noirs impurs de Bribes et échappées, une série qui part de l’observation de la forêt. Branches et surgeons, trouées de lumière blanche, le papier respire dans des rythmes proches de la calligraphie… Alechinsky tend l’oreille pour capter la voix menue mais ferme. Il veut rappeler qu’il profite encore de ses erreurs, qu’il faut toujours se combattre soi-même : « C’est en supprimant qu’on ajoute l’essentiel. » Des post-it gravés comme un journal intime à la grande litho Case par case, un même courant puissant irradie un univers foisonnant d’images buissonnières.
DOMINIQUE LEGRAND Au Botanique, 236 rue Royale, 1210 Bruxelles, jusqu’au 2 mai. Infos : www.botanique.be, 02-218.37.32.


L e  p u g i l a t  d e  K i k i e  C r ê v e c o e u r  a u  d o i g t  e t  à  l’ œ i l
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Dominique LEGRAND, Mercredi 5 mai 2010

Les parcelles d’énergie de Kikie Crêvecoeur en ses dernières compositions minimalistes. Un superbe travail obsessionnel à découvrir au Cabinet des estampes, à Liège.

J’ai entrouvert une porte. Je me demande où cela va me mener… » Face à ses dernières compositions sérielles absolument aléatoires mais terriblement obsessionnelles, Kikie Crêvecoeur n’est pas une femme qui a peur. Au contraire. Le processus dans lequel vient de s’engager la lauréate 2009 de la Biennale internationale de la gravure contemporaine est un tournant magistral dans sa production de graveur, d’où le titre de l’exposition, Trans(e)mutations. On aimerait paraphraser, transe et émotion.

Une première salle rappelle judicieusement le point de départ des gommes gravées, journal de bord des entraînements de boxe auxquels elle assistait à la dénonciation de l’excision, du figuratif narratif à la part d’abstraction : « C’est une manière de prendre le pouls du côté obsessionnel de mon travail, avance l’artiste qui avoue laisser en hibernation ces Trognes où elle n’a pas encore tout dit. J’ai ressenti le besoin de me recentrer, en commençant par faire des points, des organisations. Comment s’organise-t-on dans un ensemble, une société, une tribu ? Il est important que ce travail de points soit réalisé manuellement, même si c’est absolument dément. J’en ai des blessures au doigt ! Je veux découvrir quelles traces cela produit ou révèle au niveau de l’inconscient. Je suis partie du noir puis j’ai introduit des couleurs, réduisant les moyens sur des pages entières de gommes. »

Cercles imbriqués, jeux de transparences et d’interpénétrations, de superpositions, du foncé au clair sur des papiers de différents types dont le japonais qui réagit comme une peau jusqu’à arracher l’encre, des particules gravées peuvent évoquer l’art cinétique sauf que Kikie Crêvecoeur exclut toute systématisation. Matrices, encres et épaisseurs déploient les trames d’une profonde sensualité qui apparaît dans les effets matiéristes ou les imperceptibles variations de couleur. Rien d’agressif dans ce tourbillon qui se dérobe sans arrêt dans des vibrations aléatoires, un voyage sur papier tout en chaînes de réactions. S’y dessinent des concentrations, des répulsions, des enchevêtrements peut-être pas si éloignés des Particules, ces gravures sur gommes de 1992.

« Echantillons d’universel »

« Nés de surimpressions successives de matrices parfois rehaussées de gommes, les papiers Japon ou Canson se font échantillons d’universels, commente Michèle Minne dans le catalogue de l’exposition. Ils oscillent et scintillent, cherchant à exprimer différentes dimensions de la matière. » Travail et réflexion sur l’espace et le temps jusqu’au rebord des images, l’œuvre gravé de Kikie Crêvecoeur se joue entre tension extrême et apaisement, chaos à la recherche d’un centre. De quoi inspirer un autre artiste, écrivain, philosophe et peintre : Eddy Devolder explore à son tour le monde des signes gravés, les salves de points. C’est en 2009, alors qu’il réalisait des taches à l’encre de Chine qu’il découvre le travail de Kikie Crêvecoeur. Aux cimaises, l’échange se conclut en un découpage et tressage en canevas des estampes. Fils et trames d’une œuvre complice s’improvisent alors en échiquier de circulation. Les effets d’encre sont démultipliés dans un nouveau réseau et ce travail en duo pétrit les dernières compositions minimalistes d’une sonorité colorée intrigante.

Ce « duel » joue le rôle de révélateur, si besoin en était, recommandant de quitter la surface gravée pour découvrir les prodigieux réservoirs de mémoire et d’énergie qui se dégagent de l’espace infini des estampes, à la fois le négatif et le positif du monde environnant.

Trans(e)mutations

Cabinet des estampes et des dessins, parc de la Boverie, 3 à 4000 Liège, jusqu’au 13 juin. Infos : www.cabinetdesestampes.be, 04-342.39.23.







Roger Pierre Turine, La Libre 31/10-7/11/2013
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L e s  C a n o p é e s  d e  K i k i e
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Muriel de Crayencour (
octobre 2013 dans L’Echo )



Vous êtes vous déjà couché un jour d’été sous un grand arbre, pour profiter de son ombre apaisante ? Alors, vous savez, n’est-ce pas, la beauté du ciel vu de là. L’éblouissement du soleil découpé par la ramure. Les feuilles et les branches de votre parasol improvisé forment une dentelle, une mosaïque avec laquelle joue la lumière. S’il y a un peu de vent, ce dessin délicat vibre et module quelques éclats blancs et bleus. L’ombre chinoise des branches déploie des histoires mouvantes, un réseau, des notes.

Au Salon d’Art, Kikie Crêvecoeur, graveuse, nous restitue les enchantements des canopées, leur vibrato, les mondes qu’elles cachent, leur bercement. Avec quelques gommes et de l’encre noire. Jean Marchetti, galeriste, coiffeur et éditeur de “La Pierre d’Alun” a proposé à celle-ci de travailler sur un texte de Christine Caillon. Est né le livre “Autoportraits en arbres”.

C’est autour de ce travail sur l’arbre que Kikie Crêvecoeur a sculpté de multiples gommes, ces gommes qui lui servent depuis toujours à imprimer sa marque sur le blanc du papier. Ici, une petite centaine de gommes, représentant chacune quelques feuilles, un fouillis de branches, un ou deux segments de troncs d’arbres,… Elles sont utilisées une à une pour composer sur un format de 1 x 1,98 M des forêts réinventées. A la manière d’une mosaïque, les gommes sont appliquées une par une, du bas vers le haut de la page. Une image délicate et vibrante se construit. Pour “Ici”, la structure en noir et blanc ainsi créée donne à voir une carte, presque un plan, sur lequel des aplats d’un noir intense répondent à quelques touches délicates comme un jeune feuillage. Les segments de troncs font comme des petites familles presque humaines, regroupées ça et là. Pour l’autre grand format à voir à la galerie, “Ailleurs”, les rectangles gravés à la gomme, dont les cernes se touchent, évoquent plutôt une forêt immense dans laquelle se perdre. Sur les carrés entièrement noirs, l’artiste repasse avec une encre brillante, sur-imprimant des feuilles, quelques branches. C’est toute la saveur d’un regard qui fait son chemin entre les branches d’un arbre, tourné vers le ciel, un après-midi d’été, que nous offre Kikie Crêvecoeur. C’est l’enfant en nous qu’elle convoque, celui qui a le temps de rêver, lui offrant mille voyages à faire sous la canopée et sous le bruissement de son feuillage.

D’autres gravures dans l’exposition présentent l’assemblage par trimestre de la gomme quotidienne que l’artiste. Un agenda-mémoire plein de drôlerie et de références intimes. On pointe aussi les “Trognes”, aplats somptueusement noirs, découpes de la tête que font les arbres comme les saules qu’on a taillés pour l’hiver. Leur silhouette en linogravure sont comme des visages, posés sur un fond de couleur posée en xylogravure.

Plus d'infos sur :   http://www.mu-inthecity.com/2014/01/les-canopees-de-kikie/




K i k i e,  s e s  g o m m e s   e t   l i n o g r a v u r e s
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Roger Pierre Turine / ARTS LIBRE
Supplément à La Libre Belgique - N°271 - Avril 2015



Brillante première de Kikie Crèvecoeur chez Monos, à Liège.
La dame aux gommes gravées y démultiplie les difficultés.


Elle n'a l'air de rien, sourire en coin. Ni grande dame, ni rombière. Ne fait ni tapage, ni figure d’épouvantail. L’énergie la dope, l’habille de grâce instinctive, la pousse en avant. Communicative, son énergie dope qui l’entoure. Menue, discrète, affable, diserte quand il faut pour que s’éclairent nos lanternes, Kikie Crèvecoeur est cette belle personne qui va son chemin en évitant les ornières, en calfeutrant sa timidité sous l’audace de ses convictions graphiques.
Fête de la Gravure à Liège : elle occupe le vaste premier palier d’une galerie qui présente les ingrédients et agréments du lieu propice à l’affirmation d’oeuvres sortant de l’ordinaire par le seul poids d’une originalité tendue de forces vives. Elle n’y est pas seule : contrepoints bienvenus à ses variations subtiles, les sculptures à la tronçonneuse, âpres et denses sous leur apparente légèreté, de l’Allemand Armin Göhringer, loin de lui faire de l’ombre, complotent de mèche pour conforter la force de ses feuillets aux murs.
Elle le dit, on la croit, elle a bossé comme une dingue pour arriver à temps avec ses feuilles emplies d’impressions de petites gommes d’écolière posées côte à côte pour que trame et surprises s’ensuivent. Infinis éphémères Le titre de son exposition, “Infinis éphémères” est aussi celui d’une suite toute neuve d’ouvrages qui nous sautent aux yeux comme autant d’aurores boréales, de cieux constellés de points lumineux. L’infini du ciel et du noir percé de points blancs. Un travail de fourmi butineuse rivée à la feuille à la force du poignet.
Il faut le voir pour croire et d’ailleurs peu importe la cuisine, même s’il est bon, parfois, de savoir, qu’une oeuvre d’art est la conséquence heureuse d’un prégnant travail d’artisan joint à l’éclair créatif.
C’est le cas de Kikie qui grave ses gommes avec l’habileté de l’orfèvre et les imprime avec l’efficacité de l’ouvrier hargneux face au devoir à parfaire. Pour cette suite d’oeuvres, il faut ajouter l’entaille au cutter de ces ronds blancs de tailles diverses qui distillent les lumières.
Un point c’est tout Ces espaces lumineux et les points qui les assemblent trament déjà l’oeuvre entier de vibrations optiques dans la série “Un point c’est tout”, de 2010, ensemble de gommes gravées composant, à force de remises sur le métier, des partitions qui se suivent sans se ressembler. Variant les plaisirs, les techniques, les expressions, Kikie Crèvecoeur fait mouche aussi quand, gravant le lino, elle dévoile ses “Bribes et échappées”, sortes d’odes aux éléments probants de la nature, branches et feuilles. De 2006, cette série demeure de belle actualité. Et puis, il y a ses “Cimes” de gommes gravées, uniques et monumentales; ses “Trognes” de l’avenue G. Benoidt, 9 linos de 2013. Ses “Carnets de voyages, au jour le jour”, gommes gravées chaque jour d’années complètes. Il y a, in fine, ses “Variations” colorées de 2014 et 2015, veine en cours et bonheurs chromatiques, en une ou plusieurs couleurs… Kikie Crèvecoeur rajeunit notre vision dumonde en tablant sur d’infinis détails qui, soudain, s’arrogent une dimension métaphysique.
Elle élargit nos horizons par des jeux de gommes  et de linos qui, pour nous, semblent si simples et sont, pour elle, si contraignants. Tout le bonheur est pour nous : nous recueillons les fleurs de ses  énergies.
Roger Pierre Turine

Galerie Monos, 39, rue Henri Blès, 4000 Liège. Avril - mai 2015
www.monosgallery.com




Eric Guisgand, 7 mai 2016
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B a u d o n,  C r ê v e c œ u r,  deux têtes dans les étoiles
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Muriel de Crayencour, 12 mai 2016


Décidément, Chantal Bauwens, de l’Espace B à Glabais, aime qu’on lui raconte des histoires, qu’on lui dise des contes. Une fois de plus, à ses cimaises, voici des artistes qui, comme Lionel Vinche, Maryline Coppée ou Philipe Dubit, creusent leur voie du côté de la narration. L’image – le dessin, la gravure, etc. – est la porte d’entrée d’un univers riche dont la palette de suggestions est large et dépasse clairement les mesures du support.

Voici deux artistes et un travail à quatre mains. Voici Dominique Baudon (1961), artiste pluridisciplinaire et professeur en Création transdisciplinaire à l’Académie des Beaux-Arts d’Arlon. Et Kikie Crêvecoeur (1960), graveuse, professeur de gravure et de lithographie à l’Académie des Beaux-Arts de Watermael-Boisfort et membre actif du collectif d’artistes Razkas à Bruxelles depuis 1985. On avait adoré ses Gommes et lithos, compositions mosaïques au Salon d’Art en 2013. Elle a fait l’objet d’une rétrospective en 2005 au Centre de la Gravure de La Louvière.

Pour des raisons de distance géographique entre leurs domiciles respectifs, les deux artistes ébauchent une correspondance postale. Kikie Crêvecoeur initiant une première série d’œuvres sur laquelle Dominique Baudon intervient dans un deuxième temps, renvoyant l’œuvre entamée à la première, dans un aller-retour au bons soins du facteur, jusqu’à satisfaction des deux protagonistes. Ensuite, une nouvelle série suivra le même trajet postal, mais initiée par Dominique Baudon. Ainsi sont nées plusieurs séries d’œuvres au format postal ! Oui, un échange sous enveloppe, à l’ère de l’email ! Un truc ahurissant, donc, voire vintage, processus qui ajoute de la saveur à leurs propositions.

Dominique Baudon manie l’aquarelle et le collage, explorant les sujets du corps et de la féminité. Kikie Crèvecœur, dont on connait bien les gravures et les tampons à la gomme taillée utilise cette fois-ci le dessin au trait, les pointillés, ainsi que des ajouts de textes. De ce travail à quatre mains émergent des images multicouches, pleines d’yeux, de bouches, de visages. Parfois un ours, parfois une tête de loup. Des œuvres qui racontent des histoires… Toute une cosmologie d’éléments tirés du quotidien, du ressenti, de l’émotion, du conte, appliqués selon le principe d’un puzzle sauvage. Cette écriture automatique à quatre mains, c’est l’occasion pour deux univers, deux inconscients, deux vies de se croiser et de croiser leurs expressions. D’où sortent d’autres signifiants, plus mystérieux, plus épais, plus riches. C’est à la fois dense et ludique, prenant et léger.

Dominique Baudon et Kikie Crêvecœur, Tête-à-tête étoilé
Espace B, 33A haute Rue, 1473 Glabais
Jusqu’au 29 mai
www.espaceb.be






Roger Pierre Turine, La Libre 13 mai 2016
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I m p r e s s i o n s   v a r i é e s   (mai 2016) ________________________________________________
Samedi Coup de coeur d’Albert Moxhet, www.bestofverviers.be






Un vrai plaisir que celui de retrouver aux mêmes cimaises quatre de nos artistes de la gravure dont la réputation a, depuis longtemps, largement dépassé nos frontières. Et, ce qui ne gâche rien, de grands artistes qui ont conserver une belle simplicité amicale dans leurs contacts.
La convivialité est d’ailleurs, à mon sens, un caractère propre aux milieux de la gravure et qui manque parfois chez les peintres. Peut-être parce que les graveurs se retrouvent souvent dans un atelier, autour d’une presse commune et qu’ils s’échangent les résultats de leurs expériences. La notion de concurrence ne naît pas dans de telles conditions où l’on s’apprécie mutuellement tout en restant soi-même.




Michel Barzin est un rêveur actif que rien n’arrête. Comme professeur de gravure, il a permis à ses élèves de développer richement leur personnalité artistique sans le copier. Lui-même, qui ne se limite pas à la gravure, a abordé de multiples approches de cet art tout en cultivant une vision très personnelle et souvent teintée d’humour des choses qui nous entourent. Dans cette exposition chez ABC&Design, il présente un bel ensemble de grands formats d’un puissant contraste noir et blanc, des oeuvres qui témoignent avec éloquence de la fantaisie avec laquelle il peut appréhender et transcrire le quotidien des régions dont il est l’hôte.

Dans ses peintures, Dragana Bojíc a souvent utilisé des touches de rouge vif pour accentuer la vigueur de ses compositions. Les gravures qu’elle propose ici – et qui sont autant de pièces uniques – relèvent d’un autre registre. Il s’agit d’un dialogue très paisible d’aplats de couleurs jouant sur des transparences dans des mises en page d’allure géométrique ou bien d’un travail fort délicat de traits se développant sur un fond dont ils laissent percevoir les nuances.

Si la "gomme au crayon" que nous connaissons depuis la petite enfance sert généralement à effacer, pour Kikie Crêvecoeur elle a toujours été le support d’une expression pleine d’invention et de fantaisie. Sculptées, encrées, placées côte à côte, les gommes de Kikie ont été le véhicule d’un nombre incroyable d’histoires et de sujets à regarder tantôt comme les cases d’une bande dessinée, tantôt comme un ensemble en soi. C’est cette dernière approche qui nous est présentée ici en de chatoyantes couleurs inséparables de l’idée d’une abondante floraison printanière.

La ferme douceur caractéristique de l’oeuvre de Chantal Hardy se décline cette fois en des réseaux de fins traits noirs s’articulant en fonction de foyers écarlates sur papier blanc, mais aussi dans des compositions où intervient le papier de soie cher à l’artiste. On joue alors sur le voisinage d’autres nuances et sur des collages qui créent une vibration nouvelle du thème.

Exposition "Impressions variées"
à l’Espace Art ABC&Design, rue du Viaduc, 48, 4800 Verviers,
jusqu’au 4 juin 2016,   www.abcetdesign.be



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