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Voir aussi la page : Kikie CREVECOEUR C.V.

Kikie CREVECOEUR

Née à Bruxelles en octobre 1960. Diplômée de l’Atelier de Gravure à l’Académie Royale des Beaux- Arts de Bruxelles. A effectué de nombreux stages et voyages d’études en Belgique et à l’étranger (France, Italie, Québec, Serbie, Chili, Suisse...)

Enseigne depuis 1988 la Gravure et la Lithographie à l’Académie des Beaux-Arts de Watermael-Boitsfort (Bruxelles) et depuis 1991 à l’AKDT (Académie Internationale d’Eté de Wallonie).

Membre active du collectif de graveurs « RAZKAS » (Http: //atelier.razkas.over-blog.com).

Nombreuses expositions personnelles (Salon d’Art à Bruxelles) et collectives depuis 1983 en Belgique et à l’étranger. En 2006, une exposition rétrospective lui est consacrée au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée (Bribes et échappée – L’œuvre gravé 1986-2006). Titulaire de nombreux prix dont la première édition du Prix de la Gravure et de l’Image imprimée de la Communauté française de Belgique en 1989, le Prix La Montagne à la 4ème Triennale d'Estampes de Chamalières en 1997 et Lauréate de la 7ème Biennale internationale de Gravure contemporaine de Liège en 2009.
 

Contact : kikie.crevecoeur@gmail com


"Les gravures sur gommes

Cette artiste s'est d'abord fait connaître pour son travail de gravure sur gommes, technique originale mise au point dès 1986. Ses premières réalisations, très structurées, s’organisent suivant un quadrillage au sein duquel les gommes, légèrement superposées, sont imprimées une à une. Ses compositions sont toujours organisées depuis le centre de la planche : leur lecture, qui s’apparente à celle du zapping télévisé, peut ainsi se faire dans tous les sens. Bien que l’artiste les considère comme des multiples et en propose des tirages numérotés ne dépassant jamais les vingt exemplaires, chaque impression peut être vue comme un exemplaire unique. En effet, à partir d’un choix déterminé de matrices-gommes, l’artiste modifie leur assemblage pour chaque tirage. De même, le type d’encrage, tout comme les rehauts colorés, sont traités, à chaque fois, différemment. Cette démarche sérielle au sein d’un univers narratif va bientôt s’animer d’une structuration essentiellement rythmique, favorisée par les thèmes de prédilection de Kikie Crêvecœur : la boxe, la danse, la musique…
 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

A partir de 1989, les rehauts colorés disparaissent au profit d’aplats monochromes, entaillés de découpes créant le mouvement : ce dernier est lancé depuis les bords de chacune des gommes dans La blatte (1989) ; il devient vibratoire dans Les mains ou Les fougères (1990). Les gommes sont par ailleurs imprimées selon des orientations diverses, brisant la rectitude des registres, comme dans Pot au noir (1992). Les structures en damier se disloquent et prennent une liberté nouvelle au sein d’une technique qui, elle, reste identique.
 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Les gravures sur linoléum

Les années 95-97 voient apparaître la mise en place d’un nouvel univers en même temps que l’adoption d’une autre technique : la gravure sur lino, utilisée initialement en association avec des gommes. Si les premières linos gardent les traces des structures compartimentées propres aux compositions des gommes, très vite le tourbillonnement des traits, que l’on voit déjà surgir dans certaines pièces de la série (de 8 linogravures) La Mi Muse (1997), fait éclater le cadre et disparaître les marges. Le langage graphique utilisé, avec ses noirs intenses et chauds, oscille en permanence entre écriture et signe ; il semble vouloir capter les flux d’énergie qui font vibrer le monde."

Extrait de la présentation de l'exposition de Kikie CREVECOEUR par Catherine de Braekeleer au Centre de la Gravure de La Louvière en 2007.
Plus d'informations : www.centredelagravure.be


 

      

  
20 ans de Crêvecoeur : un cadeau !

(Extraits de l'article de Roger Pierre Turine dans La Libre Belgique du 06/02/2007 à propos de son exposition au Centre de la Gravure de La Louvière.)

…/…. Dès le début de sa carrière, Kikie Crêvecoeur (Bruxelles, 1960) s'est installée dans l'infiniment petit à vocation toujours majuscule... Expliquons-nous. Souvenir d'enfance sans doute, cette graveuse dans l'âme s'est, dès le départ, forgé un matériau inédit tenant dans deux doigts d'une main, une gomme blanche comme en connaissent tous les écoliers. Et cette gomme, elle l'a entaillée, l'a dessinée et gravée d'incisions, de coups de scalpel qui ensuite, passés à l'encre, pouvaient être reportées sur un papier. …/… Au fil du temps, il faut aussi l'indiquer, l'artiste s'est insensiblement dégagée de la figuration de ses débuts. En épurant, elle a rejoint une certaine abstraction sans toutefois que rien, jamais, chez elle, ne soit tout à fait ceci ou tout à fait cela. Sa liberté d'écriture est telle qu'elle parvient à jongler avec les lignes et les signes, doublant la mise par ses rythmes, syncopés ou tendus, suivant les assemblages opérés entre les images, les figures. Nous avons affaire ici, pour cela, à une oeuvre infiniment musicale, jamais statique, corsée d'envolées, d'échappées…/…

L'article complet sur le site de La Libre : http://www.lalibre.be/article








Michel Barzin  

« … Dans ses travaux les plus récents, Kikie nous renvoie à nos cours de physique et au spectre solaire, à l’imprimerie en quadri et à ses trames, voire à notre épiderme, à notre sang, à nos cellules. Mais peut-être s’agit- il encore de ces multitudes de petits grains de sable, agrandis un milliard de fois, qui nous glissent entre les doigts dans un geste répétitif, inlassable, comme la marée ou les saisons. »










Le pugilat de Kikie Crêvecoeur au doigt et à l’œil
Dominique LEGRAND, Mercredi 5 mai 2010

Les parcelles d’énergie de Kikie Crêvecoeur en ses dernières compositions minimalistes. Un superbe travail obsessionnel à découvrir au Cabinet des estampes, à Liège.

J’ai entrouvert une porte. Je me demande où cela va me mener… » Face à ses dernières compositions sérielles absolument aléatoires mais terriblement obsessionnelles, Kikie Crêvecoeur n’est pas une femme qui a peur. Au contraire. Le processus dans lequel vient de s’engager la lauréate 2009 de la Biennale internationale de la gravure contemporaine est un tournant magistral dans sa production de graveur, d’où le titre de l’exposition, Trans(e)mutations. On aimerait paraphraser, transe et émotion.

Une première salle rappelle judicieusement le point de départ des gommes gravées, journal de bord des entraînements de boxe auxquels elle assistait à la dénonciation de l’excision, du figuratif narratif à la part d’abstraction : « C’est une manière de prendre le pouls du côté obsessionnel de mon travail, avance l’artiste qui avoue laisser en hibernation ces Trognes où elle n’a pas encore tout dit. J’ai ressenti le besoin de me recentrer, en commençant par faire des points, des organisations. Comment s’organise-t-on dans un ensemble, une société, une tribu ? Il est important que ce travail de points soit réalisé manuellement, même si c’est absolument dément. J’en ai des blessures au doigt ! Je veux découvrir quelles traces cela produit ou révèle au niveau de l’inconscient. Je suis partie du noir puis j’ai introduit des couleurs, réduisant les moyens sur des pages entières de gommes. »

Cercles imbriqués, jeux de transparences et d’interpénétrations, de superpositions, du foncé au clair sur des papiers de différents types dont le japonais qui réagit comme une peau jusqu’à arracher l’encre, des particules gravées peuvent évoquer l’art cinétique sauf que Kikie Crêvecoeur exclut toute systématisation. Matrices, encres et épaisseurs déploient les trames d’une profonde sensualité qui apparaît dans les effets matiéristes ou les imperceptibles variations de couleur. Rien d’agressif dans ce tourbillon qui se dérobe sans arrêt dans des vibrations aléatoires, un voyage sur papier tout en chaînes de réactions. S’y dessinent des concentrations, des répulsions, des enchevêtrements peut-être pas si éloignés des Particules, ces gravures sur gommes de 1992.

« Echantillons d’universel »

« Nés de surimpressions successives de matrices parfois rehaussées de gommes, les papiers Japon ou Canson se font échantillons d’universels, commente Michèle Minne dans le catalogue de l’exposition. Ils oscillent et scintillent, cherchant à exprimer différentes dimensions de la matière. » Travail et réflexion sur l’espace et le temps jusqu’au rebord des images, l’œuvre gravé de Kikie Crêvecoeur se joue entre tension extrême et apaisement, chaos à la recherche d’un centre. De quoi inspirer un autre artiste, écrivain, philosophe et peintre : Eddy Devolder explore à son tour le monde des signes gravés, les salves de points. C’est en 2009, alors qu’il réalisait des taches à l’encre de Chine qu’il découvre le travail de Kikie Crêvecoeur. Aux cimaises, l’échange se conclut en un découpage et tressage en canevas des estampes. Fils et trames d’une œuvre complice s’improvisent alors en échiquier de circulation. Les effets d’encre sont démultipliés dans un nouveau réseau et ce travail en duo pétrit les dernières compositions minimalistes d’une sonorité colorée intrigante.

Ce « duel » joue le rôle de révélateur, si besoin en était, recommandant de quitter la surface gravée pour découvrir les prodigieux réservoirs de mémoire et d’énergie qui se dégagent de l’espace infini des estampes, à la fois le négatif et le positif du monde environnant.

Trans(e)mutations

Cabinet des estampes et des dessins, parc de la Boverie, 3 à 4000 Liège, jusqu’au 13 juin. Infos : www.cabinetdesestampes.be, 04-342.39.23.





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