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Anita
NARDON (avril 2008) Anita NARDON
(janvier 2008) Jean JOUR (janvier
2008) Il n’est jamais superflu, voire inutile, de revoir de temps à autre des œuvres, dites récentes d’un peintre…/… Avec ces compositions, solidement charpentées, devant les yeux, et passant d’une création à une autre, toute aussi étonnante, le visiteur attentif, qu’en premier lieu je suis, est en droit de constater qu’un vrai renouveau s’est opéré dans la manière de voir et de peindre de l’artiste. Jusqu’il y a peu, le peintre avait, en effet, fait preuve autant de talents indéniables que d’une originalité certaine et du meilleur aloi. Il s’était franchement singularisé par une thématique toute personnelle qui, au cours des années, s’était manifestement réduite à la transposition claire et nette, mais quasi exclusive, d’herbes et de fleurs sauvages. Pendant longtemps il les peignit ces plantes de rien, sujets dénués de toute importance. Il transposa sur ses toiles ces herbacées, ces buissons à baies, ces tiges desséchées, formant avec les épines et les feuilles de toutes sortes cette floraison luxuriante laissée généralement à l’abandon dans une nature bien trop dispendieuse de ses largesses…/… Fidèle et attentionné, il fut le chantre des espaces désolés, des fossés aux bords écroulés, des herbes et des baies dont nul ne connaît les noms. Il transposa dans ses pastels et ses toiles des bordures dont les mottes de terres grasses amoncelées sous des fils de fer distendus, n’étaient retenues entre elles que par les racines enchevêtrées de plantes déjà mortes. Sans se soucier réellement des mutations qui s’étaient déroulées sous ses yeux, le peintre se contentait de peindre, de poser des tons, des taches de couleurs vives ou automnales, de tirer des stries et des lignes. Son œuvre respirait. Ses toiles captaient l’espace entrevu. Eut-il seulement conscience lui-même qu’il avait, d’un seul bond, franchi des limites, qu’il avait dépassé de manière définitive assurément certaines frontières de l’entendement ? Savait-il qu’en abandonnant ainsi, glorieusement s’entend, les charmantes images et les anecdotes d’antan, pour se consacrer, dès à présent, à une création bien plus vraie, bref, aux engouements libérés et libératoires d’une spontanéité basée sur l’élan et sur la dynamique de la fraîcheur, il avait en quelque sorte franchi le Rubicon ? Sa peinture dorénavant changerait les données. Elle emprunterait aux vents du large ses rythmes et ses forces…/… Cette fois, Jean-Claude Coenen semble avoir pris un nouveau départ. Il s’en va, bien au-delà de la vision idyllique d’un sous-préfet aux champs, heureux de s’être perdu au centre d’une nature en pleine effervescence. Il peint. Il s’accroche. Il compose. Il refait son monde. Il use de thèmes. Il élargit ses horizons. Il ne s’agit plus d’images trop éphémères à transposer, mais d’un choix consenti de formes, d’un vocabulaire de couleurs et de tons soumis à sa seule volonté créatrice. Et c’est avec ces formes, arrachées à leur éphémère fugacité, qu’il se crée un univers qui n’existe que par et pour lui, un univers de peintre. Rien que les formes existent, les lignes, les couleurs, les blancheurs des neiges qui recouvrent et qui, mises au service de compositions indubitablement radieuses, se suffisent à elles-mêmes et permettent à l’artiste comblé de s’exprimer hautement et souverainement en des harmonisations inédites. Abandonnant toute idée de soumission à la sauvegarde, l’artiste dorénavant sera à même de se concentrer, d’atteindre sa stabilité et de faire preuve de sa maîtrise. ( Extraits du catalogue de l’exposition Peintres en Ardenne organisée par la commune de Chaudfontaine en 2005 et publié avec l'autorisation de l'auteur.)
Jacques PARISSE, Chronique du 9 mai 1996 R.T.B.-F. Radio-Liège … Est-il paysagiste, oui, mais d’une nature, c’est le mot, c’est vraiment le mot, d’une nature particulière. Jean-Claude COENEN ne peint pas, ou peu, les horizons, les espaces, il est un paysagiste par fragments, un regard qui interprète un coin, un morceau de la nature. Il voit sur le motif, donc à l’extérieur ou par sa fenêtre, et retravaille à l’atelier. C’est dire que dans ses pastels, ses gouaches, ses huiles, il ne faut pas donner un nom botanique à tout ce qu’il peint. Il célèbre à sa façon, verticalement souvent, en zébrant le support de coups amoureux et nerveux, en haussant souvent la couleur, un peu à la manière des expressionnistes. Parfois, la violence s’efface et ce sont des petits tableaux charmants de finesse estompée. Jean-Claude COENEN a osé le pari, dont Richard HEINTZ, notre grand paysagiste, disait qu’il était un des plus difficiles pour un peintre, il rend compte de débâcles, c’est-à-dire quand la neige fond sur la nature qui reprend ses droits à la vie. C’est très réussi. Cette nature dramatisée fait le pendant à la célébration du vert luxuriant au rouge des baies du groseillier sanguin, aux fleurs de pommiers ou de cerisiers, qui pendent comme les glycines de Monet pendaient sur l’étang aux nymphéas. Jean-Claude COENEN est en totale symbiose avec la nature… Retour au Sommaire Presse G. GILSOUL, Le Vif/L’Express n° 35, 30/8 – 5/9/96 Au sortir de l’été, voici un peintre de chez nous, paysagiste de notre sud forestier, amoureux de la nature. Sa vie, il la passe en observation à la Baraque Fraiture. Tout peut partir d’un détail, longuement regardé puis travaillé dans l’atelier. Avec les pastels et la peinture à l’huile, il chante la beauté d’un orage qui gronde, de la neige tombée ou encore des fleurs. A ce jeu, beaucoup se sont essayés mais n’auront le plus souvent produit que des « images » de la nature. Ici, le rendu est tel que la peinture et la nature ne font qu’un. … COENEN ne peint que la nature ; non pas celle des vastes horizons ou des espaces habités, mais celle, plus intime, plus concentrée, de sections de sol où pousse une seule plante, une seule fleur. Mais, comme dans le cas de la branche d’amandier de Van Gogh, ces quelques éléments acquièrent une présence exemplaire ; ils sont saturés de couleur, d’énergie, d’exubérance. A mi-chemin de l’entomologiste et de l’écologiste, COENEN place son art en « zoom », en intensité proche, en regard amoureux qui englobe l’univers dans l’exclusivité de ce qu’il aime.
Claude LORENT, "COENEN et la nature", La Libre Culture du 6/9/96 Il est aujourd’hui l’un des rares peintres à célébrer le paysage dans son aspect naturaliste. S’il varie les techniques (pastel, huile gouache), il conserve le regard de celui qui ne peut trahir, sinon en insistant par un chromatisme relevé, son sentiment d’attachement et d’admiration. Comme son prédécesseur Richard HEINTZ, il est sous le charme d’une région il est vrai naturellement exceptionnelle, celle de la Baraque Fraiture…
Stéphane REY, L’Echo du 6/9/96 "Jean-Claude COENEN, La nature à bout portant/Un paysagiste le nez dans l’herbe" … C’est un peintre de la nature, du feuillage, de l’herbe, de la végétation à bout portant. Il réussit à merveille une sorte de poème écologique fait de variations d’une grande simplicité sur le thème du sous-bois, des fougères, des feuilles mortes d’où naissent les premières fleurs blanches du printemps. On dirait que Jean-Claude COENEN ne vit que pour les spectacles de la nature, depuis les plus humbles germinations qui se font au ras du sol jusqu’aux roseaux qui jasent au bord de la rivière, en passant par les taches de lumière qui tracent les frondaisons. De souche ardennaise, il est intimement accordé à la pulsation de sa terre natale. On retrouve chez lui la chaleureuse et respectueuse ferveur de Marie HOWET qui l’encouragea à ses débuts. Il a incontestablement le don et la foi et nous rappelle qu’il existe au monde et pas loin de chez nous des prés clôturés de haies vives, des fouillis forestiers aux tons de rouille et d’or, des pommiers en fleurs, des groseilliers aux fruits rouges, de l’eau qui court parmi les pierres, de l’air frais et de la lumière. Même l’hiver nous offre les effets du givre dans le sous-bois. Avec Jean-Claude COENEN, peu ou point d’ouverture sur le paysage, sinon par transparence devinée. Tout est proche du spectateur, enveloppé dans une végétation dont il savoure le parfum sauvage et l’authenticité chaleureuse. Curieuse sensation que cet enfermement dans la verdure. L’artiste réussit à créer un monde clos, reposant, à l’abri des agressions du dehors, qui fait songer à celui des enfants qui construisent – au fond d’un jardin touffu – la cabane où abriter leurs rêves d’évasion. Peinture à l’huile bien nourrie, pastels au toucher nerveux, feuillages de chez nous ou du Midi, fraîcheur ou touffeur de l’air, l’artiste affirme une nouvelle fois la diversité et la dignité d’un art qui ne renie pas son support figuratif et se double d’un grand message d’air pur et de santé. Retour au Sommaire Presse E. DELBRASSINNE, Le Soir – Mad du 25/9/96 Entre pétales et parfum, au cœur même des fleurs s’affirme le pinceau nerveux de Jean-Claude COENEN. En gerbes lumineuses, il jette ses touches colorées comme autant d’étoiles d’un feu d’artifice. A l’intérieur d’un fragment cerné, la floraison réinvente de nouveaux bouquets et la végétation griffe la composition de tracés incisifs. Observée à ras du sol, la touffe de lavande prend des allures de séquoia qu’auraient enguirlandé mille myosotis. Dans le pommier en fleurs, l’œil a escaladé les branches pour se nicher au sein du blanc cotonneux. Parfois des épilobes pourpres lancent leur hampe fleurie en un ardent buisson, tandis que les feuilles étroites croisent le vert en épais tapis hirsutes. La densité de la coloration appuie la vivacité de la gamme qui résonne de mille chants. Quand la neige s’attarde trop, des petits brins d’herbe se dressent en frondaisons épineuses pour égarer l’esprit dans la forêt de Brocéliande.
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